• Mahatma Poutine

     

    Je sais pas ce que vous en pensez, mais moi, la fête des voisins, je comprends pas pourquoi ça marche aussi bien. C'est vrai quoi, vous trouvez ça drôle de passer la soirée avec des gens que vous cherchez à éviter tout le reste de l'année ?

    Vous avez raison, je pourrais me montrer un peu plus courtois au lieu de croiser les doigts pour que la porte de l'ascenseur se referme avant que la mamie du dessus ait eu le temps de composer son digicode et de monter avec moi.

    Le temps de grimper les 4 étages, je pourrais essayer de lui parler d'un sujet que tout le monde adore et semble maitriser : la météo. Le fameux « y'a plus de saisons » est une valeur sure. Ca marche partout : dans l'immeuble, sur le trottoir pendant qu'on fait pisser le chien, à la caisse d'un supermarché (ben oui, faut tout prévoir, parce qu'en plus les voisins on les croise pas que dans l'immeuble... Des fois, ils sortent eux aussi !)

    Cette semaine, vous avez pu voir que les grands de ce monde en ont profité pour se réunir. Comme nous. Eux, ils appellent ça le G8. Mais c'est un peu la même chose. Ca commence comme une belle réunion où on mange bien et boit un peu trop, puis y en a toujours un pour aborder les sujets qui fâchent. Sauf que eux, c'est pas les poubelles sur le trottoir, ou la place de parking qu'on occupe sans en avoir le droit qui les chagrine...

    Pourtant, je dois admettre que, parfois, y a des côtés positifs à tout ça. On peut s'y faire des amis quand même. C'est rare, mais ça arrive. Y a toujours le type un peu taciturne à qui on n'avait jamais rien dit et qui se révèle super sympa.

    Tenez, une belle amitié est née au G8. Notre Nicolas, le nouveau-président-de-tout-les-Français, a trouvé un nouvel ami : Vladimir Poutine. Ils ont même échangé leurs numéros de portables. Je sais, j'en écris des conneries, mais là, je ne déconne pas.

    Bon... Moi, j'avoue que j'avais pas pensé qu'on pouvait le trouver sympa, Vladimir. Certes, il est possible que pendant le repas, entre le dessert et le café, il ne soit pas complètement désagréable.

    D'ailleurs, à l'entendre, il se pourrait même que ce type ne soit que la pauvre victime d'une réputation qu'il ne mérite pas. Cette semaine, il déclarait (là, je vous conseille de vous asseoir, car je m'apprête à remettre en question quelques-uns de vos a priori) : je suis « le seul démocrate au monde. » Il a même ajouté qu'il n'avait « plus personne à qui parler depuis la mort du mahatma Gandhi ».

    Poutine, l'apôtre de la non violence. On croit rêver. Je me demande à quel moment du repas il l'a prononcée cette phrase. A mon avis, vers la fin, au moment où la vodka coulait à flots. En tout cas, on a appris qu'il avait un autre talent : celui de communiquer avec les morts. Gandhi est mort en 1948. Poutine naissait 4 ans plus tard. Dites... On peut laisser l'arme nucléaire à un mec qui dit des trucs pareils ?

    Bon ok... Il faisait de l'humour... Je ne suis pas certain que tout le monde se soit marré, mais bon...

    Nicolas doit quand même savoir qu'avec Vladimir, y a des tas de sujets à oublier. Vaut mieux réviser avant de passer le week-end avec lui : on ne parle pas de la presse, pas de l'opposition dans son pays, pas de la gay pride, pas des Tchétchènes, pas des USA et de leurs missiles, etc.

    Ah ben je sais... On peut lui parler de la météo... Ca se dit comment « y a plus de saisons » en russe ?



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